En bref
- CECRL : Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, publié par le Conseil de l’Europe en 2001.
- Échelle : 6 niveaux (A1, A2, B1, B2, C1, C2), regroupés en 3 catégories (A, B, C), plus un niveau A0 informel.
- Ce qu’il mesure : des compétences concrètes (comprendre, parler, écrire, interagir, médier), pas des connaissances théoriques isolées.
- Équivalences : chaque niveau correspond à une fourchette de scores TOEIC et à un examen Cambridge English précis.
- Usage en France : le CECRL fixe les objectifs du bac (B1 en LV2, B2 en LV1) et sert de référence dans de nombreux recrutements.
« Niveau B2 », « anglais courant », « bilingue » : ces expressions restent floues sans repère commun. Le CECRL donne un cadre objectif pour situer un niveau de langue, indépendamment de l’organisme qui évalue. Cette fiche détaille les six niveaux, leur origine, ce qu’ils recouvrent concrètement, leurs équivalences avec les principales certifications et leur usage dans le système scolaire et professionnel français.
Qu’est-ce que le CECRL ?
Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues est un document publié par le Conseil de l’Europe en 2001, à la suite de plusieurs années de recherche linguistique menée par des experts des États membres. Son objectif dépasse la seule évaluation : il fournit une base commune pour concevoir des programmes, des diplômes et des certifications, afin de favoriser la mobilité éducative et professionnelle en Europe et au-delà.
Le CECRL ne mesure pas des connaissances grammaticales isolées. Il décrit des compétences mobilisables dans des situations concrètes : comprendre une conversation, rédiger un message, interagir avec un interlocuteur, ou encore traduire une information d’une langue à l’autre. Un volume complémentaire publié en 2018 a enrichi l’échelle initiale, avec de nouveaux descripteurs pour la médiation, la compétence plurilingue, et un détail renforcé des niveaux A1 (avec l’ajout du pré-A1) et C2.
En France, cette échelle est reprise dans le code de l’éducation pour les élèves des écoles, collèges et lycées. Le détail des textes officiels et des démarches associées figure sur la page Service-Public.fr consacrée aux niveaux de langue.
Le CECRL est à distinguer du Portfolio européen des langues, un outil d’auto-évaluation adossé à l’échelle mais distinct de celle-ci. L’échelle CECRL sert de référence commune ; le portfolio en est une application pratique, destinée à l’apprenant lui-même.
Les 3 catégories et les 6 niveaux
L’échelle CECRL se structure en trois paliers généraux, eux-mêmes subdivisés en deux niveaux chacun. Cette progression continue va de la découverte de la langue à une maîtrise quasi native.
| Catégorie | Niveaux | Profil |
|---|---|---|
| A — Utilisateur élémentaire | A1, A2 | Acquisition des bases |
| B — Utilisateur indépendant | B1, B2 | Autonomie croissante |
| C — Utilisateur expérimenté | C1, C2 | Maîtrise fine et souple |
Un niveau A0, absent de l’échelle officielle du Conseil de l’Europe, a été ajouté par la plupart des écoles de langues pour désigner les grands débutants sans aucune notion de la langue. En anglais, une personne A0 ne sait généralement pas dire « I », « my name is… » ou compter jusqu’à cinq. Ce niveau reste rare en France du fait de l’enseignement de l’anglais à l’école, mais il concerne certains adultes n’ayant jamais suivi de cours ni été exposés à la langue.
Niveau A1 : découverte
Le niveau A1 correspond à un utilisateur élémentaire au stade introductif. Une personne A1 peut :
- comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes visant des besoins concrets ;
- se présenter ou présenter quelqu’un, poser des questions simples et y répondre ;
- communiquer si l’interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre coopératif.
À ce niveau, un voyage à l’étranger reste anxiogène et les formalités simples ne vont pas de soi : comprendre un guide touristique, réserver une chambre ou suivre une annonce dans un aéroport demande un effort important. En France, ce niveau reste fréquent chez les élèves qui passent le baccalauréat hors section européenne. Sur le plan professionnel, ce niveau reste insuffisant quel que soit le métier visé.
Niveau A2 : intermédiaire ou usuel
Souvent appelé « faux débutant » car un vocabulaire conséquent peut déjà avoir été acquis sans que la capacité à communiquer suive, le niveau A2 permet de :
- comprendre des phrases isolées liées à des domaines familiers (informations personnelles, achats, environnement proche, travail) ;
- échanger des informations simples et directes sur des sujets habituels ;
- décrire son environnement immédiat et sa formation avec des moyens limités.
Le voyage devient possible mais reste laborieux : faire connaissance avec des étrangers, réserver un hôtel ou commander au restaurant sont à la portée d’une personne A2, mais comprendre un guide lors d’une visite touristique peut s’avérer difficile. Ce niveau reste généralement considéré comme trop faible par les recruteurs, quel que soit le secteur.
Niveau B1 : niveau seuil
Le niveau B1 marque le passage à une autonomie réelle, bien que limitée sur des sujets complexes. Une personne B1 peut :
- comprendre les points essentiels d’un langage clair et standard sur des sujets familiers, au travail, à l’école ou dans les loisirs ;
- se débrouiller dans la plupart des situations rencontrées en voyage dans une région où l’anglais est parlé ;
- produire un discours simple et cohérent, raconter un événement, une expérience ou un rêve, exposer brièvement les raisons d’un projet.
Sur le plan professionnel, ce niveau ouvre l’accès à des métiers orientés vers la communication internationale de niveau bac+2 : personnel navigant, métiers de l’accueil, secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, fonctions techniques en lien avec des homologues étrangers. C’est également à ce niveau qu’une première certification (TOEIC autour de 700 points, Cambridge Preliminary) devient pertinente.
Niveau B2 : anglais courant
Le niveau B2 correspond à ce qu’on appelle usuellement « l’anglais courant ». Une personne B2 peut :
- comprendre le contenu essentiel d’un texte complexe, y compris une discussion technique dans sa spécialité ;
- converser avec un degré de spontanéité et d’aisance tel qu’un échange avec un locuteur natif ne comporte de tension ni pour l’un ni pour l’autre ;
- s’exprimer de façon claire et détaillée sur une grande quantité de sujets, émettre un avis sur un sujet d’actualité, exposer avantages et inconvénients de différentes solutions.
En France, le niveau B2 constitue la cible officielle du baccalauréat en langue vivante A, selon les textes du ministère de l’Éducation nationale. De nombreuses professions de niveau bac+5 l’exigent comme seuil minimal : ingénieurs, architectes, grandes écoles de commerce, avocats d’affaires, chercheurs sur projets internationaux, chefs de projets internationaux, commerciaux export. À ce niveau, l’usage de l’anglais pour voyager, échanger à l’oral et à l’écrit ou naviguer sur internet ne pose plus de difficulté pratique, même si la maîtrise du vocabulaire et des idiomes reste perfectible.
Niveau C1 : utilisateur expérimenté
Le niveau C1 correspond à une maîtrise avancée. Une personne C1 peut :
- comprendre une large variété de textes longs et exigeants, et saisir les significations implicites ;
- s’exprimer spontanément et couramment, sans chercher ses mots de façon visible ;
- utiliser la langue de façon efficace et souple dans sa vie sociale, professionnelle ou académique ;
- structurer un discours complexe et manifester son contrôle des outils d’organisation, d’articulation et de cohésion.
À ce niveau, l’expatriation peut être envisagée sereinement, et non seulement le voyage mais l’installation durable dans un pays anglophone ne posent plus de problème. Peu de professions exigent ce niveau, à l’exception de métiers spécifiques comme pilote de ligne, où la sécurité des passagers impose ce standard.
Niveau C2 : maîtrise
Le niveau C2 est le dernier de l’échelle. Une personne C2 peut :
- comprendre sans effort pratiquement tout ce qu’elle lit ou entend ;
- restituer des faits et arguments issus de sources écrites et orales multiples, en les résumant de façon cohérente ;
- s’exprimer spontanément, très couramment et de façon précise, en rendant distinctes de fines nuances de sens sur des sujets complexes.
Ce niveau reste plus souvent atteint par des locuteurs natifs que par des apprenants francophones, sauf étude approfondie ou séjour prolongé en pays anglophone. Il ne doit toutefois pas être confondu avec la compétence d’un natif : celle-ci se situe au-delà de l’échelle et ne constitue plus, selon les textes du ministère de l’Éducation nationale, le modèle idéal à partir duquel évaluer la compétence d’un apprenant. Sur le plan professionnel, une personne C2 peut exercer indifféremment en anglais ou dans sa langue maternelle, ce qui ouvre l’ensemble des métiers utilisant l’anglais.
Les compétences évaluées par le CECRL
Le CECRL découpe la compétence communicative en plusieurs activités de communication langagière, qui remplacent la notion plus ancienne de « compétence » dans la terminologie du cadre :
- Réception : écouter, lire ;
- Production : s’exprimer à l’oral en continu, écrire ;
- Interaction : prendre part à une conversation ;
- Médiation : traduire, interpréter, reformuler, faciliter la communication entre deux parties qui ne partagent pas la même langue ou le même code.
Le terme de compétence, dans le cadre, désigne plutôt des composantes plus générales : la composante linguistique (lexique, grammaire, phonologie), la composante sociolinguistique (marqueurs de relations sociales, règles de politesse, dialectes) et la composante pragmatique (choix de stratégies discursives pour atteindre un but précis). Un même niveau global peut ainsi recouvrir des résultats différents selon l’activité : une personne peut lire à un niveau B2 tout en interagissant à l’oral à un niveau B1.
Le CECRL s’appuie également sur la notion de « tâche », héritée de l’approche actionnelle : l’usage de la langue n’est pas dissocié des actions accomplies par l’apprenant, qu’il s’agisse de monter un meuble en suivant une notice ou d’argumenter pour emporter une décision.
Équivalences avec les certifications internationales
Chaque niveau CECRL correspond à une fourchette de scores dans les principales certifications d’anglais.
| Niveau CECRL | TOEIC | Cambridge English |
|---|---|---|
| A1 | 120 – 225 | Young Learners |
| A2 | 225 – 550 | Key (KET) |
| B1 | 550 – 785 | Preliminary (PET) |
| B2 | 785 – 945 | First (FCE) |
| C1 | > 945 | Advanced (CAE) |
| C2 | non certifiable par le TOEIC | Proficiency (CPE) |
Le TOEIC, conçu pour évaluer l’anglais professionnel, ne couvre pas le niveau C2. Pour ce niveau, l’IELTS Academic ou le Cambridge Proficiency restent des choix plus adaptés. Les certifications Cambridge présentent un avantage particulier : elles sont indépendantes de l’organisme évaluateur et transposables à n’importe quelle langue, contrairement à des systèmes propres à un seul pays ou une seule certification. Une certification TOEIC ou Linguaskill reste valable deux ans pour figurer sur un CV, tandis qu’un diplôme Cambridge (comme le CAE ou le CPE) est acquis à vie.
Le CECRL dans le système scolaire français
Le ministère de l’Éducation nationale fixe des objectifs de niveau à chaque étape de la scolarité, détaillés dans les programmes de langues vivantes étrangères et régionales. Le niveau introductif A1 est visé en fin d’école élémentaire, le niveau usuel A2 en fin de collège. Au lycée, le niveau seuil B1 est attendu en langue vivante B et le niveau avancé B2 en langue vivante A. Un parcours renforcé en lycée peut viser le niveau C1, et un parcours international le niveau C2.
Cette progression balise l’apprentissage sans prétendre reproduire la compétence d’un locuteur natif : c’est un outil de repérage commun aux enseignants, aux élèves, aux concepteurs de cours et aux organismes de certification, qui permet de coordonner les efforts et de situer les productions les unes par rapport aux autres. Les résultats de langue vivante au baccalauréat général et technologique s’appuient sur le contrôle continu et sur une épreuve terminale, avec une attestation de niveau CECRL délivrée en complément du diplôme.
Pourquoi situer précisément son niveau
Déterminer son niveau selon le CECRL, plutôt que selon une appréciation personnelle ou un nombre d’années d’apprentissage théorique, présente plusieurs intérêts concrets. Cela permet de se fixer des objectifs réalistes, de choisir un parcours de formation ou une certification adaptée, et de mesurer une progression dans le temps de façon comparable d’un organisme à l’autre. Un même score CECRL, obtenu via un test Cambridge ou un TOEIC, reste interprétable par n’importe quel recruteur ou établissement européen, ce qui n’est pas garanti avec des échelles propres à un seul pays ou une seule institution.


